QUELQUES NOURRITURES SPIRITUELLES

                                      POUR LES MOIS D'ETE




               Pendant cette période dite de "vacances" , il nous a  paru

    heureux de donner ces quelques réflexions de notre vieil ami FRANCIS

    LAGET, parues dans une revue paroissiale, nous commencerons

    aujourd'hui par celle intitulée:


                                       LA SAGESSE ETERNELLE



   
                    Pluisieurs fois durant l'année liturgique, l'Eglise propose

     la lecture des textes bibliques oû la sagesse divine (apparaissant comme

     une sorte de collaboratrice de l'Eternel) est nommée et mise en scène; le

     plus souvent dans l'Ancien Testament, plus rarement dans le Nouveau,

     quoiqu'elle n'en soit pas absente. Jésus chez Paul , est nommé "Sagesse

     de Dieu ", nous verrons que sa place y est donc privilegiée ,mais dans

      un contexte différent.


                       Comment devons nous comprendre la nature et le rôle de

     cette Sagesse ? il ne peut évidemment être question de la définir à partir

      de la sagesse humaine, qui ne dépasse pas les qualités de prudence,

     de circonspection, de maîtrise de soi.


                         La messe du 32° dimanche du temps ordinaire nous

    rappelait récemment l'incommensurable sollicitude de Dieu à travers sa

    Sagesse, puisqu'elle ne manque jamais de se présenter à l'homme qui

     l'évoque et le comble de ses grâces. Elle apparait ici comme l'agent de

    la miséricorde de Dieu envers ses créatures.

                             Comment ne pas penser tout d'abord à ce texte du I° Livre

     des Rois oû nous voyons le roi Salomon "le plus sage des hommes" à

     l'invitation de IHWH lui même demander le don de la Sagesse et de la

     reçevoir en plénitude , accompagnée de tous biens par surcroit. Nous

     savons que Salomon fut aussi le bâtisseur du fameux Temple de

     Jérusalem. Cela n'est pas fortuit : la Sagesse est " l'artisan de toutes

     choses" (Sag.VII-12) ; en hebreu (comme en grec d'ailleurs ) le mot qui

      la désigne semble s'etre appliqué à l'aptitude de l'artisan à réaliser ses

      oeuvres, à la source de son habileté opérative -et aussi à la vertu

       spirituelle dont on se forme communément l'idée. C'est évidemment

       cette dernière acceptation qui constitue le principe de la qualité

        opérative.

                                     Chaque fois que dans l'A.T. , on nous présente un

      homme de métier remarquable, le texte sacré précise qu'il est doté

       "de sagesse, d'intelligence et de savoir faire " à un degré eminent.

      C'est du fait de sa qualité opérative que la Sagesse Divine intervient

       dans la création de l'univers. Ecoutons la Sagesse, personnifiée,

       declarer d'elle même  ( Prov. VIII - 23 - 29 - 30 )



                        "J'ai été fondée dès l'Eternité...
                          j'étais à l'oeuvre auprès de Lui,
                          Lorsque IHWH posa les fondements de la terre..."




 


                                                            Vierge Romane
                                                             Eglise Saint-Nectaire (Auvergne)
                     
                                                             


               Un autre passage du même livre précise que la Sagesse doit être

      considérée comme un trésor que l'on " trouve " , dont la découverte

      dépend d'avantage d'une grâce divine que de l'effort de notre recherche;

       ce trésor qui nous échoit dépend surtout de notre disponibilité à

      recevoir, alors que " l'intelligence " doit être patiemment acquise

      ( Prov. III-13 ) :

                                 "   Heureux l'homme qui a trouvé la Sagesse
                                      Et l'homme qui a acquis l'Intelligence... "

                
                       Nous ne pouvons évoquer ici les très fertiles spéculations

      de la tradition ésotérique hébraique  sur la procession de la Sagesse

      vers l'Intelligence à partir de la "Couronne" de la Divinité principielle..

      Nous croyons utile de préciser que l'Intelligence est ici celle des

      vérites metaphysiques les plus hautes.

                           Sur le terrain chrétien signalons l'existence d'un ouvrage

       de saint L.-M. (Grignon ) de Montfort (" L'amour de la Sagesse 

        Eternelle ") dans lequel nous est exposé comment, par l'incarnation,

        Jésus s'est revélé  comme étant Lui-même la Sagesse, incrée et

        éternelle . Il nous est ainsi revélé que la Sagesse divine et le Fils de

         Dieu coincident dans le " Verbe de Dieu " créateur et restaurateur.

         Nous pouvons mieux comprendre la justesse du titre de " Trône

         de Sagesse " conferé à Marie. Il n'est que de se remémorer ces

          figurations de l'art roman oû Marie , assise sur un trône , présente

         devant elle, sur son giron, Jésus enfant. Elle est très littéralement

          le " Trône de Jésus, Sagesse de Dieu "

                                                                           Francis Laget