QUELQUES NOURRITURES SPIRITUELLES

                                                            POUR LES MOIS D'ETE

                                                                                              (Suite ... )


                                 LE NOM ET LA GLOIRE



               Nous terminerons ces petites réflexions caniculaires de notre

        ami FRANCIS LAGET par cette méditation sur l'invocation du

         NOM DE JESUS .


                               La messe du dimanche des Rameaux et de la Passion,

         au seuil de la Semaine  Sainte, nous propose une récapitulation de

        l'enseignement de l'Eglise sur la personne de Jésus et l'excellence de

        son nom.

                                 Ainsi semble-t-il quelle ait l'intention de nous rendre

        attentif au caractère suréminent de son sacrifice comme à l'enjeu de sa

        mort et de sa resurrection au matin de Paques .

                                   C'est surtout au Nom de Jésus, du

                              " CHRIST- JESUS - SEIGNEUR "

         que nous désirons consacrer cette réflexion . La deuxième  lecture

          (tirée de la lettre de Saint-Paul aux Corinthiens) , que nous fournit la

          liturgie, nous y invite. Nous voudrions rappeler l'importance de

          l'invocation et de la glorification de son  Nom, non sans regretter que

          la majorité des Chrétiens actuels n'y portent plus d'attention suffisante

          Rappelons Saint-Paul : "...il s'est abaissé lui même en devenant

          obeissant jusqu'à en mourir... C'est pouquoi Dieu l'a élevé au dessus

          de tout... Il lui a conféré le  NOM qui surpasse tous les noms... "

                                         Il n'y a pas si longtemps que le prètre, à chaque

         célébration de la messe,  prononçait par deux fois lors de la

          communion du pain, puis du vin "...et j'invoquerai le Nom du

         Seigneur " . Nous pouvons nous demander maintenant si nous n'avons

          pas trop négligé, jusqu' à  l'oublier  cette invocation du Nom de Jésus.

         Peut être faut-il voir là quelque réaction contre une pratique excessive

          trop imprégnée de connotation magique, répendue depuis le XIV°

         siècle ; nous voulons parler de la généralisation du symbole constitué

          par le monogramme " J H S " ( Jesus Hominum Salvator ) surmonté

         de la croix et nimbé de rayons figurants " une gloire " . Cette pratique

         du Christianisme  Latin compensait chez nous, la désacralisation de

         l'art  et l'absence de l'icône de Jésus , répendue en Orient chrétien,

         probablement depuis l'âge apostolique .






                           Quoi qu'il en soit, il s'agissait, dans l'un et l'autre cas, de

           fixer la conscience des chrétiens sur la présence de Jésus dans son

           Nom et de les inviter à l'invocation de ce nom proprement divin...

           Nous avons quelque peine à concevoir l'importance accordée, dans

           la tradition sémitique, à la doctrine des Noms Divins . Il n'est pas

           assez fort de de dire que le nom y " représente " la personne, il existe

           entre nom et personne une relation bien plus essentielle, comme si le

          nom contenait une part intelligible et efficace de l'essence de la

          personne... Les Juifs ne prononcent pas le " Tetragramme " divin

          " IHWH " lorsqu'ils le rencontrent dans leurs lectures; ils prononcent

         le plus souvent " HaSheM " , c'est -à-dire " le Nom " .

                                Dans le christianisme les choses sont plus complexes,

         dans la mesure où la " Presence Réelle " de Jésus se concentre d'abord

         dans l'Eucharistie . Nous devons toutefois réflechir à la formule

         ancienne de la communion que nous rappelions plus haut. C'est en

         invocant ce " Nom qui surpasse tous les noms " que nous conservons

         dans notre esprit et dans notre âme cette Présence réelle que nous

         avons reçue dans notre chair . L'invocation du Nom de Jésus constitue

         plus et mieux qu'un simple exercice de piété . Nous connaissons assez

         bien, depuis quelques décennies, la pratique de " la prière de Jésus "

         dans le monde orthodoxe et dans les Eglises orientales en général.

         Cette pratique est considérée la-bas comme une véritable "nourriture "

          de l'esprit et de l'âme . Elle met celui qui s'y consacre en possession

         d'un véritable support de méditation dont le monde latin, le

         Christianisme  occidental commencent à redouter l'absence .


                                                                     Francis Laget